Basket-Ball

Handibasket, la force du collectif

Posté le 08 nov, à 18h40

Championnat de France de basket 2016-2017

A (France), le 08 octobre
 
De leur handicap, ils en ont fait une force. Frank Etavard, Audrey Cayol et Angélique Pichon s’entraînent sur les parquets depuis plus de vingt ans. Malgré leurs différences, ils ont su atteindre le plus haut niveau.
 
Joueur au CTH Lannion (Nationale A) et de l’équipe de France masculine, Frank Etavard a pris sa revanche sur la vie. Victime d’un accident de voiture à 17 ans, il a découvert le basket fauteuil pendant sa rééducation. «J’ai rencontré une personne qui m’a proposé d’essayer le handibasket, souffle-t-il. Ça m’a tout de suite plu. Cela faisait déjà douze ans que je faisais du basket.» Le joueur de 35 ans connait bien Audrey Cayol, qu’il côtoie en équipe nationale. Pour ce dernier, joueur au CS Meaux et cousin de Mickaël Gelabale (star française de NBA), le basket est avant tout une affaire de famille. «Mon père, ma mère, mes oncles et mes tantes jouent au basket, raconte le Guadeloupéen. Je suis un joueur dans l’âme depuis que je suis tout petit. A 15 ans, j’ai eu mon accident sur un terrain de basket. J’y ai laissé une vertèbre et l’usage de mes jambes. Je me suis alors redirigé vers le basket handi.» Handicapée de naissance, Angélique Pichon (38 ans) a aussi opté pour le sport collectif. La capitaine de l’équipe de France d’handibasket féminine ne pensait pas en arriver là. «Au départ, c’était une envie de mes parents, avoue la joueuse de Lannion. Finalement j’y ai pris goût. A 12 ans, on m’a dit que le basket était trop physique et trop dangereux pour mon âge. On m’a orientée vers le ping-pong, mais cela ne me plaisait pas trop. Je suis donc revenue vers le basket à 16 ans.»
 
«C’est vraiment l’amour du sport qui nous porte»
 
Adapter le handicap à leur sport favori a nécessité patience et capacité d’adaptation. «J’avais déjà l’âme du basketteur, j’avais la technique, relance Audrey Cayol. C’était à moi d’adapter mes connaissances au handicap. Les principes restent les mêmes, mais les réflexes changent par rapport à un joueur valide. Pour se déplacer, il faut utiliser le fauteuil. Il faut donc apprendre à le manipuler correctement et adapter son jeu en fonction. C’est un apprentissage qui ne se fait pas du jour au lendemain.» La difficulté du handicap désormais surpassée, impossible pour ces joueurs d’imaginer leur vie en dehors du parquet. Que ce soit pour le basket ou le
handibasket, les valeurs restent les mêmes. «Le sport co, je n’ai jamais fait sans, relève Franck Etavard. Pour
moi, le collectif c’est la convivialité, c’est l’entraide. »
 
C’est d’ailleurs cette convivialité qui a eu un effet libérateur sur Angélique Pichon. «Avec mon handicap, au
départ, j’étais assez introvertie. Le basket fauteuil m’a permis de me libérer, de rencontrer des tas de
personnes. Je n’ai pas vraiment fait de sport individuel, mais le sport collectif me convient entièrement. C’est
un état d’esprit, un esprit de groupe. C’est vraiment ça qui m’attire dans ce sport.» Pour Audrey Cayol, c’est
«la cohésion d’équipe, le fait de travailler avec les autres et d’accepter leurs différences» qui priment. «Le
combat reste le même. Après, si l’on doit prendre en compte l’aspect financier, il y a plus de sacrifices à faire.
Plus de sacrifices, moins de reconnaissance. Mais quand on est en handisport, on ne joue pas pour l’aspect
financier.» En gardant Tokyo 2020 dans un coin de sa tête, le joueur conclut : «C’est vraiment l’amour du sport
qui nous porte.»
 
 
Photo : Jamie McDonald
Article : Liane Courté
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