Triathlon

Nicolas Becker prépare l'avenir du paratriathlon français

Posté le 12 dec, à 17h00

 

Interview de Nicolas Becker, entraineur de l'équipe de France de paratriathlon lors du stage national du collectif France à l'INSEP avec pour perspective de préparer l'avenir dont les Jeux Paralympiques de Tokyo 2020 et Paris 2024.

 

Coeur Handisport (CH) : Dans quel cadre le paratriathlon est-il présent à l'INSEP ?
Nicolas Becker : Je suis cadre technique de la fédération de triathlon, j'ai la mission d'encadrer l'équipe de France de paratriathlon depuis 2013. On a progressivement réussi à monter en puissance au niveau de ce projet, et cela nous amène aujourd'hui à l'Institut National du Sport, de l'Expertise et de la Performance (INSEP) avec une action un peu élargie autour d'une première session de détection qui se déroulait de vendredi à dimanche.
Lors de cette action on a convié tous les entraineurs, pas forcément dans une dynamique de haut niveau, mais tous les entraineurs intéressés pour se former au niveau de l'action du paratriathlon.
On avait 17 sportifs qui passaient des tests lors de la détection et une douzaine d'entraineurs en formation, c'était donc la première action du weekend end détection/formation.
 
Depuis le dimanche 10 décembre au soir on a rassemblé jusqu'à vendredi tous les athlètes identifiés autour du collectif France pour un stage. Là aussi on a 16 sportifs en tout qui vont passer des évaluations physiologiques, qui vont tester la chambre de chaleur, faire de la cryothérapie et s'entrainer aussi.
On va avoir des interventions d'experts, notamment en physiologie ainsi que sur l'aspect natation avec un entraineur expert qui va diriger une séance d'entrainement.
Pour le stage on a convié les entraineurs personnels des sportifs de l'équipe de France, cela permet aussi de les accompagner dans le programme d'entrainement ainsi que d'avoir des échanges avec eux pour préparer la saison 2018.
 
CH : Qui était concerné par le stage de détection ?
Nicolas Becker : Le filtre que nous avions pour cette détection était de l'ouvrir à toutes les personnes qui avaient la volonté d'avoir un projet de performance en paratriahtlon sans se limiter aux licenciés, certaines personnes n'avaient pas de licence ou une licence dans une autre discipline sportive, et sans limite d’âge.
Le but était de se dire « on va faire découvrir les niveaux de performance au travers des tests et discuter du projet de performance ». Certaines personnes étaient vraiment dans les clous et d'autres éloignées mais cela leur a permis de s'en rendre compte.
On a surtout beaucoup échangé et à l'issue de cette détection on a eu 3 bonnes surprises sur une quinzaine de tests, c'est un bon ratio. Quand je dis 3 bonnes surprises, c'est qu'ils pourraient très rapidement intégrer le collectif national.
 
A savoir, en fonction des classifications, il est possible d'être performant entre 25 et 45 ans, quand je dis performant c'est pouvoir être médaillé sur les championnats d'Europe et/ou du monde.
 
CH : Quel bilan tirez-vous de la saison 2017 ?
Nicolas Becker : Si on le considère simplement sous l'angle des résultats, on a une certaine satisfaction puisqu’on a eu deux champions du monde, un homme et une femme ; c'est la première fois que cela arrive. Il y a aussi eu de bons résultats avec deux autres médailles, et une équipe de France qui, en terme de nombre, même si ce n'est pas notre objectif, était la quatrième nation représentée avec 9 dossards aux championnats du monde.
 
 
Infos et résultats : Mondiaux 2017
 
 
Après je retiens que c'était l'année du changement, car il y a eu une révision des classifications en place de 2014 à fin 2016. En 2017 il y a eu la création d'une nouvelle classification ainsi qu'une distinction dans la catégorie fauteuil entre H1 et H2.
Au final cela a fait beaucoup de perturbations, une nouvelle façon de voir les choses, notamment en passant de 10 à 12 podiums sur les courses internationales. A la fois c'est très bien car le système a évolué et on a trouvé que cela allait dans le bon sens, mais d'un autre côté cela montre que l'on a quelques zones de faiblesses ou finalement nous ne sommes pas présents dans certaines classifications.
On voudrait pouvoir être compétitif dans chaque classification mais à l'heure actuelle ce n'est pas le cas.
 
 
CH : Quel est l’objectif à moyen long terme 2020-2024 ?
Nicolas Becker : En interne on se structure de plus en plus, notamment avec le positif de la paralympiade de Rio 2016 au niveau des résultats de l'équipe et de la fédération. On a du renfort au niveau du staff, c'est quelque chose que j'avais demandé, donc on a un cadre supplémentaire ou des experts qui peuvent faire des interventions.
Tout cela prépare le terrain pour 2020 et 2024, du coup on peut plus se tourner vers la relève, car il y a l'élite mais il y a aussi la relève derrière et accorder du temps à ceux qui seront peut être au top dans quelques années.
La meilleure manière de procéder pour préparer 2024 est d'abord d'avoir des résultats aux Jeux Paralympiques de Tokyo 2020, cela permettra d'attirer d'autres talents et de continuer chaque année à faire de la détection et donner envie à des athlètes récents dans la pratique sportive ou venant d'une autre discipline à essayer le paratriathlon.

 

Merci à Nicolas Becker pour le temps accordé à Coeur Handisport pour cette interview ; nous souhaitons que le travail de détection portera ses fruits et que nous aurons de belles surprises à l'avenir.

 

Article et photo : Coeur Handisport

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