Foot fauteuil

Bernard Bethouloux un entraîneur passionné menant la France au succès

Posté le 26 jui, à 18h30

Coupe du Monde de foot fauteuil 2017

A Kissimmee (Etats-Unis), du 06 au 09 juillet

 

Interview de Bernard Berthouloux, le sélectionneur de l'équipe de France de foot fauteuil, qui a mené les Bleus jusqu'au titre de la coupe du Monde de foot fauteuil qui se déroulait du 3 au 10 juillet à Kissimmee aux Etats-Unis.

 

Brièvement qui est Bernard Bethouloux ?

Bernard Berthouloux, 56 ans, père de 4 enfants, vit à côté de Lorient dans le département du Morbihan. Il est sélectionneur de l'équipe de France depuis 2008 après avoir été entraineur adjoint lors de la première édition de la coupe du monde en 2007 au Japon. 

 

Coeur Handisport (CH) : Que faites vous dans la vie ? Quel est votre métier ?

Benard Bethouloux : Au delà de mon poste de sélectionneur j'entraine le club de Lorient en championnat de France de foot fauteuil, qui d'ailleurs remonte en première division pour la saison 2017-2018.

 

"J'avais annoncé qu'après cette coupe du monde 2017 j'arrêtais en tant que sélectionneur."

 

L'univers du foot fauteuil est totalement bénévole, donc je travaillais en tant qu'aide médico-psychologique dans une structure pour personnes en situation de handicap. J'ai fais une rupture conventionnelle de contrat, je suis donc actuellement au chômage. Je n'ai pas fait de recherche d'emploi car je savais qu'il y avait cette coupe du monde à préparer. C'est la première fois de ma vie que je me retrouve dans cetre situation au niveau professionnel car je travaille depuis l'âge de 18 ans.

L'objectif maintenant après cette coupe du monde est tout simplement de retrouver un emploi. Mais je vais continuer à me consacrer au club de Lorient tout en ayant un oeil sur l'équipe de France.

 

CH : L'objectif était de gagner la coupe du monde même sans l'étiquette de favori ?

Bernard Berthouloux : Tout d'abord le but était de terminer premier de la poule afin de se donner le maximum de chances d'atteindre la finale, notamment pour éviter l'équipe des Etats-Unis (double championne du monde en titre) avant la finale.

Par ailleurs, on voulait que tout monde soit concerné jusqu'au bout de la compétition en faisant tourner les joueurs lors des matchs de poule

Mais avec beaucoup de sérieux et avec le groupe que l'on avait, il y avait de quoi y croire et de viser le titre, d'ailleurs le message était clair, l'équipe la gagnait ou la perdait à 8. 

Avec l'évolution de la discipline, on fait des séances vidéo depuis plusieurs années, ce qui permet de bien analyser et appréhender l'adversaire, d'ailleurs les joueurs font eux même cette démarche, ils vivent football. On savait donc à quoi s'attendre. 

 

CH : Quel a été le discours avant la finale face aux Etats-Unis  ?

Bernard Berthouloux : Quand on ne jouait pas et que les américiains jouaient, on regardait dès que c'était possible. Il nous avait semblé qu'il y avait de la febrilité, que leur équipe était peu en place. Au fur et à mesure de la compétition, on a pensé que l'on pouvait absolument les faire douter et que l'on avait l'équipe pour les battre.

On a travaillé sur les joueurs (après la victoire en demi-finale face aux australiens) en leur disant maintenant il faut aller au bout, on ne peut pas encore perdre face à eux, il faut la gagner aux Etats-Unis et montrer que la France est là. 

Les américains nous prenaient un peu de haut, en pensant qu'en jouant chez eux ils allaient nous battre facilement. Mais on avait du les travailler mentalement au regard de notre parcours avec des scores larges sauf face à l'Angleterre. 

 

CH : Comment avez vous vécu cette finale ?

Bernard Berthouloux : On mène 1-0 rapidement après 3 minutes, on prend un penalty 1-1 puis ils marquent un deuxième but. 

 

"On peut douter mais à aucun moment sur le banc on a eu peur, on savait que l'on avait les moyens de les battre"

 

D'ailleurs on revient à 2-2 juste avant la mi-temps, c'est l'idéal. C'est surtout le discours à la mi-temps je pense qui a été très important parce que l'on dit aux joueurs, cette finale là on revient à 2-2, elle ne peut plus nous échapper, on va les battre. Les joueurs sont formidables car ils sont convaincus en nous disant c'est bon c'est bon on va la gagner cette finale.

Au niveau tactique on a juste fait en sorte de resserrer l'équipe pour faire un marquage individuel en attaquant plus rapidement tout en les pressant beaucoup plus haut.

En deuxième mi-temps on a un coup franc à 5-6 minutes de la fin, que Bryan Weiss transforme, on reprend l'avantage 3-2, ensuite on a le penalty à 3 minutes de la fin que l'on marque 4-2. Et là tu te dis c'est mort il ne peut plus rien nous arriver.  

Du coup, ce qui est formidable c'est de regarder le coach américain qui cherche à faire des changements à trouver une solution et nos regards se sont croisés 10 secondes et j'ai bien vu dans ses yeux qu'il n'y croyait plus. 

 

"Je pense que c'était notre coupe du monde, il ne pouvait rien nous arriver"

 

CH : C'était une coupe du monde sous le signe de la jeunesse ?

Bernard Berthouloux : Oui, quand on a la chance d'avoir des joueurs comme Mohamed Ghelami (19 ans) meilleur buteur de la coupe du monde, Tristan Le Beller (16 ans) troisième meilleur buteur de la coupe du monde avec 12 buts et Bryan Weiss (23 ans) cinquième meilleur buteur de la coupe du monde avec 8 buts.

 

J'ai convoqué Tristan Le Beller en accord avec mon staff que je suivais depuis longtemps mais le soucis c'est qu'il joue défenseur dans son club et nous on cherchait un attaquant pour nous mettre des buts devant.

Pendant les stages il a donné pleinement satisfaction en attaque, on lui a fait confiance pour le mondial et il nous l'a pleinement rendu.

 

CH : Quelles ont été vos émotions au coup de sifflet final ?

Bernard Berthouloux : Les joueurs étaient heureux mais le fait marquant est le gardien Sylvain Malard qui a fait les trois éditions de la coupe du monde et l'Euro 2014. Il joue au football depuis une bonne quinzaine d'années et quand je vois son bonheur à la fin de cette coupe du monde qu'il gagne c'est formidable.

Moi ma première émotion, ma première pensée était pour Jérôme Durand "Pika", champion d'Europe en 2014 qui n'est malheureusement plus des nôtres. Lui qui a developpé le foot fauteuil aux Etats-Unis (car il a travaillé 7 ans là-bas) et savoir que l'on a gagné la coupe du monde aux Etats-Unis, s'il nous voit, il doit faire des bonds !

 

"C'est la victoire de tout un groupe, le staff, les joueurs forcément, les accompagnateurs aussi qui ont été formidables tout au long de la compétition"

 

Le mot de la fin de Bernard Berthouloux : J'ai un message à tout le staff, formidable, Ricardo, David, le kiné Olivier, le mécano de l'équipe Jean-Michel qui a travaillé sur les fauteuils avec un contrôle très intensif. Joel le manager qui a proposé de très bonnes préparations. 

Ma famille, car je voulais arrêter après la coupe du monde 2011 à Paris, j'ai été poussé par ma femme à continuer, finalement on remporte l'Euro 2014 et maintenant la coupe du monde. Je remercie donc ma famille, mes enfants, car je pars souvent de la maison, c'est donc un sacrifice pour mes proches.

Je pense également à toutes les personnes qui oeuvrent dans les clubs, qui forment les joueurs... Car le travail de formation à la base est phénoménal, et si l'équipe de France qui est une vitrine de la discipline, c'est grâce au travail de l'ensemble des clubs en France.

 

"C'est inoubliable, il y aura des souvenirs gravés pour toujours dans ma mémoire c'est évident"

 

Merci à Bernard Berthouloux pour le temps accordé à Coeur Handisport pour cette interview ; nous lui souhaitons vivement de retrouver un emploi et une belle réussite avec le club de Lorient pour le retour en première division.

 

Photo : Bourdin Direct

Article : Coeur Handisport

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