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Olivier Cusin, un entraîneur de l'ombre à la lumière - Coeur Handisport

Rugby fauteuil

Olivier Cusin, un entraîneur de l'ombre à la lumière

Posté le 04 jui, à 18h30

Championnat d'Europe de rugby fauteuil A 2017

A Koblenz (Allemagne), du 27 juin au 01 juillet

 

Interview d'Olivier Cusin, entraîneur de l'équipe de France de rugby fauteuil, qui vient tout juste de remporter la toute première médaille de l'histoire du rugby français au championnat d'Europe de rugby fauteuil 2017 à Koblenz en Allemagne.

 

Brièvement qui est Olivier Cusin ?

Olivier Cusin, 45 ans, conseiller financier et père de deux enfants, est, depuis toujours, passionné de sports mais plus particulièrement de rugby. Il a longtemps pratiqué ce sport puis a entrainé une équipe durant 6 ans.

Aussi, il a participé à la création du club de rugby fauteuil de Bourgoin-Jallieu et y est resté de 2007 à 2010. Depuis 2010, il est à la tête de l'équipe de France de rugby fauteuil

 

Coeur Handisport (CH) : Quel est votre parcours jusqu'à la tête de l'équipe de France de rugby fauteuil ?

Olivier Cusin : Un beau jour en 2007 un copain à moi avec qui j'avais joué au rugby, s'est retrouvé en fauteuil à la suite d'un accident de voiture, et il m'a demandé si je pouvais lui donner un coup de main pour démarrer une activité… du rugby en fauteuil.

J'ai fait les grands yeux (interloqué), car évidemment je ne connaissais absolument pas le rugby en fauteuil ; en fait je connaissais très très peu l’univers du handisport !

A la suite de sa demande de créer un club à Bourgoin-Jallieu, j'ai accepté de l'aider mais c'était avant tout pour lui faire plaisir car je n'avais pas réellement l'intention de rester dans le milieu. Mais finalement, une fois que l'on connait le milieu du rugby en fauteuil et du handisport, il est impossible d'en partir. 

J’ai fait partie du club de Bourgoin-Jallieu de 2007 à 2010, en étant assistant de l'ancien sélectionneur (Koen Delen), qui a arrêté  en 2010. Même si je n'étais pas spécialement volontaire immédiatement pour prendre cette place, car je pensais que j'avais encore beaucoup de choses à apprendre et qu'il était encore trop tôt pour démarrer, l’aventure a commencé en 2010. En 2011, l’équipe de France se qualifie à l’Euro 2011 !

 

CH L'objectif était-il clairement la médaille à l'Euro 2017 ?

Olivier Cusin : Oui, l'objectif était de remporter une médaille, dans l'idée pour beaucoup il était de terminer dans les 4 premiers pour obtenir une qualification au championnat du monde 2018, pour moi c'était secondaire, car je voulais avant tout aboutir à un vrai résultat. Personnellement je l'avais clairement annoncé, cette fois-ci je voulais vraiment que l'équipe obtienne une médaille.

 

CH Cette médaille de bronze à l'Euro est historique, quel est votre sentiment ? 

Olivier Cusin : La première réaction, est une grosse fierté de mon groupe (joueurs et staff), car c'est un sport collectif, donc c'est la récompense de tout le travail qui a été effectué par la commission rugby fauteuil depuis des mois, des années,  pour avoir enfin une première consécration, un premier podium. Même si on a remporté le titre dechampion d'Europe B (deuxième division) en 2015, c'est un titre mais cela n'a pas la même saveur que cette médaille de bronze en championnat d'Europe A, qui est vraiment un aboutissement. 

On repense à cet effort, à tous ces moments difficiles, car il faut faire beaucoup de choses pour essayer d'avoir des résultats ; le haut niveau et le succès c'est beaucoup d'abnégation et beaucoup de travail dans l'ombre. Aussi, que tout ce travail effectué porte ses fruits, c'est une fierté, un vrai plaisir et une immense satisfaction.

 

CH Malgré tout au regard de votre parcours notamment dans votre premier match face à la Suède (voir article), y'avait il la possibilité de faire mieux et d'aller en finale ? 

Olivier Cusin : On ne saura jamais ce qui aurait pu se passer, mais on savait que l'on avait plus de chances d'aller en finale en terminant premier de la poule en battant la Suède.

Mais on ne va pas faire la fine bouche car la troisième place c'est déjà très bien, même si nous étions proche de la finale, les victoires se jouent à peu de choses comme sur un 100m en athlétisme par exemple.

 

Face à la Suède on manque de maturité, de lucidité à des moments car on fait une très grosse entame de match mais au fur et à mesure on perd deux à trois ballons faciles, des petites erreurs que l'on ne peut pas se permettre de faire à ce niveau-là. On savait que c'était une belle équipe et qu'il fallait faire un match sérieux pour battre la Suède, on avait toutes les cartes en mains, c'est un peu frustrant car c'est plus nous qui perdons que la Suède qui gagne ! C'était une déception mais on a su rebondir rapidement !

 

CH :  Depuis 2012, l’évolution du rugby fauteuil français est fulgurante, quel est l'ingrédient essentiel de cette réussite ? Comment y parvenez-vous ?

Olivier Cusin : L'ingrédient essentiel, avant tout je pense qu'il n'y a pas de secret, c'est le travail. Les joueurs ont pris conscience de l'exigence du haut niveau, ils se préparent beaucoup mieux physiquement, tactiquement et techniquement avec beaucoup d'entrainements individuels. De mon côté ce sont des heures et des heures de vidéo ou je fais en sorte de trouver les défauts à corriger puis d'analyser les autres équipes afin de trouver les faiblesses des adversaires. Le but étant de préparer les échéances au fur et à mesure.

Pour moi les deux facteurs sont la prise de conscience de l'exigence de haut niveau par les joueurs, et une meilleure base de travail afin de fournir quelque chose de bien plus approfondi. Pour ma part, c'est d'avantage d'analyser, décortiquer et de trouver les bonnes formules de jeu. C'est un travail énorme, cela prend environ 20 heures par semaine de vidéo tout au long de l'année et c'est beaucoup plus à l'approche des compétitions comme l'Euro.

 

"C'est un travail de l'ombre que l'on ne voit pas, mais peu importe, ce qui compte c'est le résultat"

 

CH : Comment vous projetez vous avec cette qualification au mondial 2018 ?

On va y aller avec de l'ambition, maintenant cela va dépendre aussi de l'évolution de notre discipline car on arrive à la limite du bénévolat à tous points de vues. Cette année nous avons fait 0 stage d'entrainement, on a fait 2 tournois de préparation dans l'année. Ce qui est juste ; quand on en discutait avec les anglais (champions d'Europe 2017), qui se disaient "comment il est possible de faire avec si peu de choses, avec 2 tournois et 0 stage dans l'année et arriver à terminer troisième en Europe, c'est juste fantastique". 

Maintenant si on veut passer un cap au-dessus, on a besoin de travailler de façon professionnelle. On touche les limites du bénévolat, donc si on veut viser plus haut, cela passera par des moyens supplémentaires.

 

CH L'intégration de nouveaux joueurs à l'image de Nicolas Valentin est-il déjà dans l'optique du mondial 2018 et des Jeux Paralympiques de Tokyo 2020 ?

Olivier Cusin : On travaille toujours sur les deux axes, le très court terme avec là le championnat d'Europe 2017 et la prochaine échéance du mondial 2018 dans un an. Donc on fait en sorte d'intégrer de nouveaux jeunes joueurs à bon potentiel, qui prennent de l'expérience sur l'Euro en jouant un peu quand même.

Le tout étant d'avoir une équipe très compétitive tout en alimentant le réservoir pour préparer l'avenir. Puis cela donne une émulation parce que certains joueurs auraient pu participer mais la liste des sélectionnés n'est pas extensible. Cela va motiver ces joueurs pour travailler encore plus et être encore plus fort.

Il y a ces aspects, l'objectif à court terme en mettant la meilleure équipe possible à l'instant T, le travail sur le moyen à long terme en mettant des jeunes à fort potentiel. Et de l'autre côté le réservoir qui se remplit, donc encore plus de joueurs dans le groupe France pour qu'il y est d'avantage de concurrence afin d'avoir un meilleur niveau.

 

 

"C'est un privilège et un honneur de faire partie du groupe France, donc il faut profiter de tous ces moments et vivre cela pleinement" 

On a encore de belles pages à écrire, le rugby fauteuil français a vraiment un avenir très intéressant, le meilleur reste encore à venir tout en sachant que ce que l'on a fait est déjà bien mais on peut faire des choses encore plus belles. On a un bel avenir devant nous.

 

Merci à Olivier Cusin pour le temps accordé à Coeur Handisport pour cette interview ; nous lui souhaitons de très bonnes vacances en famille, car il s'accorde ses premières vacances en famille depuis 2010 car les compétitions étaient toujours en août ou septembre (préparation).

 

Photo : IWRF

Article : Coeur Handisport

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